Forum de la Coop

Veuillez ou S’enregistrer pour créer des messages et des sujets de discussion.

Une création collective

Citation de Gisele Didi le 9 novembre 2020, 20 h 41 min

C'est bon pour le sang !

Antiviral l'ail

Sans le germe, ce vert

Indigeste

Gisele Didi a réagi à ce message.
Gisele Didi
Marie-Danielle propose :
Le  billet de François MOREL sur France Inter (30/10/20):
« Je me souviens, le premier confinement, je ne l’avais pas mal pris. Il avait fait beau, on mangeait dehors.
Je dinais à heure fixe, ça me changeait.
Je réussissais à perdre du poids.
J’écrivais.
J’ai travaillé mais de manière différente.
J’ai regardé des séries.
Et puis surtout, j’ai profité de mes proches.
Ce fut une parenthèse pas désagréable.
Tous les soirs à 20h, comme tout le monde, j’applaudissais le personnel hospitalier.
Je me disais que ce n’était pas si mal un pays qui, plutôt que son économie, privilégiait notamment la vie de ses vieux.
Le deuxième confinement, j’ai moins aimé.
D’abord, plutôt que vers le printemps, on allait vers l’hiver.
On était un peu démoralisé. On se demandait combien de temps ça allait durer, s’ils allaient bientôt réussir à trouver un vaccin.
Le soir, à 20h, on n’applaudissait personne.
C’est pas quand on met les radiateurs qu’on va ouvrir les fenêtres en grand.
Le troisième confinement, c’est là que l’explosion de la vente des chiens a explosé.
C’était encore le meilleur moyen de justifier les promenades en forêt. Ceux qui n’avaient pas les moyens de s’acheter un chien s’achetaient juste une laisse. Quand ils croisaient des gendarmes, ils se mettaient à courir la laisse à la main en criant Sultan ! Sultan ! Reviens ! Reviens Sultan, reviens !
Le quatrième confinement, c’était l’anniversaire de la mort de Samuel Paty. Certains ont eu l’idée, (ça partait d’une bonne intention), d’applaudir tous les soirs à 20H les professeurs des écoles, des collèges, des lycées.
Ça a fait des polémiques. Certains ont pensé que ça pouvait passer pour une provocation.
Le cinquième confinement, je ne m’en souviens plus trop.
Je crois que j’ai commencé à boire le premier jour et je suis resté torché pendant les six semaines.
Je buvais.
Parfois, je vomissais pour faire de la place. Puis je rebuvais…
C’est surtout à partir du sixième confinement que j’ai repris du poids.
Je me souviens que entre le septième et le huitième confinement, je ne suis même pas sorti de chez moi, j’avais perdu l’habitude.
Pendant le neuvième confinement, en ouvrant la fenêtre, j’ai le voisin d’en face qui travaille dans le BTP qui m’a crié « Vu votre nouvelle silhouette, vous devriez peut-être faire élargir vos portes au cas où vous auriez envie de ressortir de chez vous entre les deux prochains confinements.
« De quoi je m’occupe ? » j’ai répondu en refermant la fenêtre.
Le dix-septième confinement, je me souviens, on a regardé plein de films, des vieux trucs, des comédies sentimentales.
Les enfants étaient quand même étonnés, ils ne comprenaient pas quand ça finissait bien, pourquoi le monsieur et la dame, se sentaient obligés de se frotter la bouche l’une contre l’autre, parfois même de sortir la langue en guise de contentement ?
« C’est dégueulasse, ils disaient, c’est pas hygiénique et puis ça sert à rien… »
On ne leur répondait pas trop, on avait peur de passer pour des parias, on avait de la nostalgie…
Voilà. J’arrive bientôt à mon vingt-troisième confinement.
D’une certaine manière, ça passe vite la vie confinée quand on est dans la torpeur.
Pour les jeunes, on est des dinosaures.
Ils nous demandent « Mais avant quand ça n’existait pas les confinements, qu’est-ce que vous pouviez bien faire toute la journée à traîner dehors ?
Et pourquoi vous étiez obligés d’être en présentiel pour prendre un apéro avec des potes alors qu’avec Zoom c’est tellement plus pratique ?»
On fait comme si on n’entend pas.
On attend la nuit pour pouvoir faire des rêves de baisers, de poignées de mains, d'étreintes, de terrasses, de cinémas, de théâtres.
Nos rêves d’aujourd’hui, c’était le quotidien d’hier. »
Gisele Didi a réagi à ce message.
Gisele Didi

Coucou tout le monde, très bien comme idée pour lutter contre la morosité du confinement, qui n'est sûrement pas vécu de la même façon par tous.... Pendant le premier confinement un petit concours de dessin et/ou collage a été lancé à Marigny en interne, mais ici c'est "GRANDE ECHELLE"!!!

Nous allons creuser ensemble dans nos puits de créativité afin de pouvoir envoyer bientôt notre contribution à cette belle aventure.....

Chaleureusement, MARION

Une minute de silence.

 

Isabelle Becuywe a réagi à ce message.
Isabelle Becuywe
Citation de Claudie Héline le 16 novembre 2020, 11 h 41 min
Marie-Danielle propose :
Le  billet de François MOREL sur France Inter (30/10/20):

Une autre proposition :

Au premier confinement, c'était le printemps il faisait beau et doux. J'ai passé de longues heures sous le cerisier en fleurs à lire et à écouter pousser les feuilles. Je n'ai jamais autant papoté avec ma voisine par dessus-la clôture. Distanciation sociale oblige. Je n'avais plus de boulot et pas de chômage partiel. C'était le chômage total sans indemnité. Mais c'était bien de ne plus avoir à faire la bise à tout le monde. Ça me saoule cette pratique sociale. J'ai imprimé mes attestations : je ne voulais pas de la possibilité d'être pistée par le gouvernement. J'ai largement triché sur mes motifs de sortie, avec un sentiment joyeux de rébellion. Comme dis mon médecin : "ce n'est pas tout seul dans les bois qu'on attrape le Covid". À l'époque, on disait LE Covid. On n'entendait plus de voiture sur la route, plus d'avion dans les airs. Mais les oiseaux ! Ils se la donnaient et on pouvait les écouter en toute sérénité.

Au deuxième confinement, c'était l'automne, il faisait plus froid et le cerisier n'avait plus de feuilles. On disait LA Covid désormais. On était tous moroses et c'était bizarre parce que les voitures circulaient. Les avions ne volaient pas beaucoup. Et les oiseaux se préparaient à passer l'hiver. Les vols de grue ont été toujours aussi émouvants. J'aime bien les vols de grues et ceux des oies. Cette organisation, la communication entre les différents membres de chaque groupe me fascinent. J'ai bossé comme une dingue et j'ai roulé à faire frémir la COP21. Des semaines compètes à plus de 200km/jour. Je ne pouvais pas aller chez le coiffeur pour avoir une tête potable en rendez-vous, mais j'avais le droit de passer chaque jour 3 heures sur les routes. D'ailleurs, je n'ai pas croisé l'ombre d'un gendarme à qui j'aurais tendu  une attestation professionnelle. J'ai fini par faire mes attestations en ligne sur le site du ministère de l'intérieur. À la fin, j'avais hâte que Noël arrive pour pouvoir me reposer un peu. C'est drôle, parce qu'avant, Noël c'était tout sauf reposant entre la bouffe à préparer et organiser et cette joie obligatoire pour une fête qui ne me concernait pas. J'ai aussi découvert plein de nouveaux sentiers autour de chez moi. J'ai pris un compas et sur ma carte au 25.000e j'ai tracé mon terrain de jeu. 1km de rayon, soit 2km de diamètre, soit 6,28km2. Pas si mal en fait. Pour tenir dans l'heure, j'ai commencé à m'entraîner à la marche sportive et même à la course à pieds ! Le temps a filé.

Au troisième confinement, tout le monde commençait à s'habituer et trouvait sa petite organisation personnelle. Ses petits arrangements avec la loi. J'en avais marre de confiner dans le Morvan. J'ai pris ma retraite et je suis allée confiner dans les monts d'Auvergne. Avec ma fille et son nouveau Jules. Nous avons trouvé une superbe ancienne bergerie dans la montagne. Il y avait encore un peu de neige. Aujourd'hui on ne voit plus ça, de la neige en montagne. Parce qu'ils ont beau dire, les confinements ça n'a pas empêché le réchauffement climatique. Dans notre buron, à peine de l'électricité grâce à 3 panneaux solaires. Une citerne pour l'eau, et il fallait fendre les bûches pour se chauffer et faire la cuisine. Il y avait bien une cuisinière au butane, mais descendre en ville pour acheter une bouteille de gaz ça ne nous plaisait pas trop. On a fait des parties de 7Wonders et de Dixit et plein d'autres jeux de société. Au final on n'a pas vu grand monde et c'était bien comme ça.  C'est en descendant en ville pour le ravitaillement qu'on a appris que le confinement était terminé depuis deux semaines.

Au quatrième confinement, c'était devenu une routine. Quand j'ai senti que ça allait arriver, j'ai pris une carte et j'ai regardé où je pourrais me poser pour les mois à venir. J'avais envie de mer, mais je ne devais pas être la seule à avoir réagi comme ça : plus de maison à louer sur la côte atlantique de Saint-Jean-de-Luz à Saint-Malo -je n'aime pas la Côte d'Azur, mais il ne devait rien y avoir de disponible là-bas non plus. Une vieille connaissance avait encore un voilier capable de naviguer à la Cotinière. Je lui ai fait les yeux doux par Skype et j'ai pris la direction d'Oléron. J'ai appris à manœuvrer le bateau et à sortir du port sans grimper sur le quai. Motif sur l'attestation : pêche. Il faut bien ravitailler la terre ! Mais on n'a pas vu l'ombre d'un garde côte, d'ailleurs c'était souvent pétole et pour économiser le gasoil on n'allait pas bien loin. J'ai fait une sacrée cure de poisson ! Moi qui adore les céteaux, je m'en suis gavée.

Au cinquième confinement, j'en avais marre de partir. Je suis restée chez moi, avec mes chiens et mes chats. Mon aide-ménagère arrivait chaque matin en combinaison de protection biologique, on aurait dit un scaphandrier. La pauvre petite, elle n'avait pas lu Jules Verne et elle n'avait pas appris la guerre du Golfe en histoire. J'ai senti alors que je me faisais vieille. Et tous les confinements qui ont suivi m'ont inspiré une indifférence crasse.

Gisele Didi a réagi à ce message.
Gisele Didi

Le vent du sud souffle

 

Gisele Didi a réagi à ce message.
Gisele Didi

L'impermanence.

Fichiers téléversés :
  • 4nannp.gif

Atelier d'écriture - Une histoire à écrire à plusieurs mains

J’étais dans les bois. Je n’y avais pas droit. Mon heure était passée et mon rayon de 1km pour les loisirs aussi, j’étais sur du temps dérobé dans un espace sous contrôle. On était en novembre 2020 et mon attestation dérogatoire de déplacement ne couvrait pas cette cueillette de champignons à l’air frais et piquant de l’arrière saison. On les avait attendus tout l’automne et ils avaient fini par venir : des bolets, des golmottes, des pieds bleus, des coulemelles. Mon panier pesait et au loin, à travers les arbres dépouillés, ma voiture apparaissait. J’avais flippé, elle était stationnée depuis plus d’une heure, même pour une voiture sur le bord du chemin, il faut une autorisation. Si quelqu’un avait repéré et signalé cette voiture un peu louche ? Ca peut faire plaisir un peu de délation, dénoncer quelqu’un qui fait ce que l’on n’ose pas faire soi-même. Je touchais au but, retour à la case départ.

Par moment, je dévie, la ligne droite n’est pas toujours le plus court chemin. Un lit de mousse, un relief, une couleur m’interpellent, il me semble flairer un coin prometteur, un nid pour un petit bonhomme de cèpe de Bordeaux, par exemple, alors je m’approche. Dépassant de dessous les feuilles, une tache blanche qui me fait penser à un petit champignon pas bon. En m'approchant, je décovre un osselet, je pense à ce jeu de cours de récréation d’un ancien temps. De près, en écartant les feuilles et l’humus, il y en a d’autres. Là, c’est plutôt à un roman noir auquel je pense car l’image est nette, un poignet et cinq doigts dessinés par les phalanges d’une main ! Mais non, ce n’est pas possible une main seule, c’est fou, je suis à la campagne, en balade, tout est paisible. A part les chevreuils et les sangliers, il n’y a pas de grands singes ici. Il peut y avoir des grandes gueules, de gros cons mais pas de grands singes. Une main humaine, ça veut dire peut-être le corps d’un être humain quelque part par-là.. Personne ne se dit « Tiens, j’ai perdu une main, pourvu que je la retrouve, je ne sais vraiment pas ce que j’en ai fait! ». Il y a d’autres expressions , « une poignée de mains », « main dans la main », « le poil dans la main », "se donner la main", "un coup de main", « la main tendue ». "Perdre la main", oui, on peut le dire mais « une main perdue », non.  Le premier réflexe, c’est bête, mais c’est de penser à ma situation de contrevenante à la loi. Plus d’une heure de sortie à plus d’un kilomètre de chez moi alors qu’une main découpée gît à mes pieds. C’est ridicule !

Pour continuer cette histoire, cliquez sur "Citation"

Gisele Didi a réagi à ce message.
Gisele Didi
Citation de Gisele Didi le 10 novembre 2020, 15 h 57 min

en deux mots...

 

Fichiers téléversés :
  • KC-Changement.jpg
Gisele Didi a réagi à ce message.
Gisele Didi

De la part d'Anne Daveau - Membre du Réseau d'échanges réciproques de savoirs

Fichiers téléversés :
  • IMG_20201107_150408_a_daveau_1000.jpg
Gisele Didi a réagi à ce message.
Gisele Didi